A PROPOS


De 2016 à 2026, AtomeInfos+ ouvre une série d’enquêtes sur les projets financés sur fonds publics dans le département du Sud-Est. Pendant dix années, des ressources publiques ont été mobilisées au nom du développement des communes et des sections communales du Sud-Est. Des financements ont été annoncés pour l’eau, l’électricité, les infrastructures communautaires, les routes, les écoles et d’autres projets destinés à améliorer les conditions de vie des populations. Mais une question essentielle mérite d’être posée : les projets financés ont-ils réellement été réalisés ? C’est dans cette perspective qu’AtomeInfos+ lance une démarche d’enquête citoyenne visant à confronter les documents administratifs et financiers disponibles avec la réalité observable sur le terrain.

Notre objectif n’est pas de condamner à l’avance les responsables concernés. Il est de vérifier les faits, documenter les réalisations et donner la parole aux populations directement concernées.


Le premier dossier examiné concerne la 2e Section de Ternier, dans la commune de la Vallée-de-Jacmel, où plusieurs financements publics ont été attribués au CASEC dirigé par Guy Louis.

Les documents consultés font apparaître trois dossiers distincts, numérotés 1315, 1316 et 1317, pour un montant cumulé de 6 500 000 gourdes.

Ces fonds étaient destinés à trois projets différents : le dossier n°1315 porte sur un montant de 1 500 000 gourdes destiné, selon les informations figurant dans le document, au financement et à la réhabilitation d’une source d’eau dans la section. L’objectif annoncé était donc lié à une infrastructure hydraulique devant bénéficier directement à la population de Ternier.

AtomeInfos+ entend vérifier sur le terrain où se trouve la source concernée, quels travaux de réhabilitation ont été réalisés, si ces travaux correspondent au financement annoncé, si l’infrastructure est aujourd’hui fonctionnelle et si les pièces justificatives relatives à l’utilisation des 1 500 000 gourdes sont disponibles.


Le deuxième dossier, portant le numéro 1316, concerne un financement de 2 500 000 gourdes en faveur du CASEC de la 2e Section Ternier, commune de la Vallée-de-Jacmel. Un mémo daté du 20 janvier 2021, adressé au Directeur administratif du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, fait état de ce financement. La destination indiquée dans le document est précise : le financement d’un projet d’implantation d’un centre d’échanges communautaire dans la section. Une question fondamentale se pose donc : où se trouve aujourd’hui ce centre d’échanges communautaire ? S’il a été construit, la population doit pouvoir l’identifier. Il faudra également déterminer s’il est fonctionnel, quels travaux ont été réalisés et si les dépenses correspondent effectivement au montant de 2 500 000 gourdes prévu pour le projet.


Le troisième dossier, numéroté 1317, concerne également un financement de 2 500 000 gourdes destiné au CASEC de la 2e Section Ternier. Cette fois, l’objectif annoncé est l’implantation d’une mini-centrale électrique solaire dans la section.

Là encore, AtomeInfos+ souhaite confronter le document à la réalité. La mini-centrale existe-t-elle ? Où a-t-elle été implantée ? Fonctionne-t-elle ? Quels équipements ont été acquis ? Quelle est la population qui en bénéficie aujourd’hui ? Autant de questions auxquelles les documents d’exécution et les observations de terrain devront permettre de répondre.


Les trois financements donnent le calcul suivant : dossier n°1315, 1 500 000 gourdes ; dossier n°1316, 2 500 000 gourdes ; dossier n°1317, 2 500 000 gourdes, soit un total de 6 500 000 gourdes. Il s’agit donc, selon les documents disponibles, de six millions cinq cent mille gourdes destinées à trois projets spécifiques dans la 2e Section de Ternier.


La question centrale de cette enquête est celle de la reddition de comptes. Lorsqu’une structure locale reçoit des fonds publics pour des projets déterminés, il est légitime de demander si ces ressources ont été utilisées conformément à leur destination. Dans le cas de Ternier, AtomeInfos+ souhaite donc obtenir ou identifier les éléments permettant de vérifier les preuves de décaissement des fonds, les contrats conclus pour les travaux, les factures et reçus, les rapports financiers, les rapports techniques, les procès-verbaux de réception, les équipements effectivement acquis, l’état actuel des infrastructures et tout document permettant d’établir l’utilisation des 6,5 millions de gourdes.


Le CASEC Guy Louis, responsable de la 2e Section de Ternier, est directement concerné par ces financements puisqu’ils étaient destinés à la structure qu’il dirigeait. Il est également présenté, dans les informations recueillies par AtomeInfos+, comme un proche ou un protégé de l’ancien maire Ivrance Joseph.

Cette proximité politique, si elle est confirmée, ne constitue évidemment pas en elle-même une preuve d’irrégularité. Elle renforce toutefois l’intérêt d’une vérification indépendante et documentée de l’utilisation des fonds publics. AtomeInfos+ invite donc M. Guy Louis, ainsi que toute personne ayant participé à la gestion ou à l’exécution de ces projets, à fournir les explications et documents nécessaires. Notre démarche reste ouverte au droit de réponse.


AtomeInfos+ appelle particulièrement les habitants de la 2e Section de Ternier à participer à cette enquête. Nous leur demandons de nous aider à répondre à trois questions simples : la source d’eau financée à hauteur de 1,5 million de gourdes a-t-elle réellement été réhabilitée ? Le centre d’échanges communautaire financé à hauteur de 2,5 millions de gourdes a-t-il été construit ?

La mini-centrale électrique solaire financée à hauteur de 2,5 millions de gourdes a-t-elle réellement été implantée et fonctionne-t-elle ? Les habitants peuvent contribuer à l’enquête en fournissant photos, vidéos, témoignages, localisation des infrastructures et toute information permettant de vérifier l’état réel des projets.


Le dossier de Ternier n’est que le début. AtomeInfos+ entend poursuivre cette démarche dans différentes communes et sections communales du Département du Sud-Est, en remontant sur une période de 2016 à 2026. L’objectif est d’identifier les projets financés, les montants engagés et leur niveau d’exécution, puis de demander aux populations locales de confirmer ce qu’elles constatent réellement sur le terrain. Cette démarche s’inscrit dans la vocation d’AtomeInfos+ à promouvoir l’information, la formation citoyenne et le contrôle démocratique de la gestion publique.


L’enjeu dépasse le seul cas de Ternier. Lorsqu’un responsable public doit obtenir une décharge pour sa gestion, la population doit pouvoir savoir si les ressources publiques confiées à son administration ont été utilisées conformément à leur destination. AtomeInfos+ estime donc que la participation citoyenne peut contribuer à établir les faits : un projet annoncé doit pouvoir être localisé, vérifié et évalué.


Nous ne préjugeons pas du résultat de cette enquête. Mais nous posons une question simple, au nom de la population du Sud-Est : « Les projets financés avec l’argent public ont-ils réellement été réalisés ? »
AtomeInfos+ entend poursuivre cette vérification, dossier après dossier, commune après commune, section après section. Parce que la décharge ne doit pas être une formalité. Elle doit être l’aboutissement d’une véritable reddition de comptes.