Le Coordonnateur départemental de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) dans le Sud-Est, Jean Dider Deslorges, affirme avoir accueilli avec une profonde stupéfaction les récentes nominations des Commissions Municipales Intérimaires dans le département.

Selon lui, au-delà de la désignation de nouveaux agents intérimaires, cette décision soulève des interrogations majeures quant à la cohérence politique et idéologique du parti.

Jean Dider Deslorges rappelle que l’OPL a toujours occupé une place importante dans le paysage politique haïtien. Héritière d’un long combat démocratique, l’organisation s’est construite autour de principes tels que la participation citoyenne, le respect des institutions, la souveraineté populaire et l’État de droit. Cette identité politique aurait permis au parti de s’imposer pendant plusieurs décennies comme l’une des principales forces politiques du pays.

Le Coordonnateur départemental dit avoir du mal à comprendre comment l’OPL peut aujourd’hui se retrouver impliquée dans la composition de Commissions Municipales Intérimaires aux côtés d’organisations politiques dont les orientations idéologiques, les pratiques et les visions de l’État diffèrent considérablement de celles historiquement défendues par le parti. À ses yeux, la politique ne saurait être réduite à une simple logique de partage d’espaces institutionnels. Elle devrait avant tout être guidée par une vision commune du développement national et par un ensemble de valeurs partagées.

Selon Jean Dider Deslorges, cette situation soulève également un problème de cohérence démocratique. Il estime difficilement compréhensible que l’OPL participe à un processus visant à remplacer des autorités municipales issues du suffrage universel par des structures désignées. Bien qu’il reconnaisse la gravité de la crise institutionnelle que traverse le pays, il considère que celle-ci ne devrait pas conduire à l’abandon des principes démocratiques qui ont longtemps constitué le fondement du discours politique de l’organisation.

Le dirigeant politique soutient que l’OPL a toujours défendu l’idée selon laquelle la transformation du pays nécessite l’union de femmes et d’hommes partageant une même vision de l’État et du développement national. Cette conception aurait constitué l’un des piliers de l’identité du parti depuis sa création. Il juge donc préoccupant que cette référence idéologique paraisse aujourd’hui reléguée au second plan au profit d’arrangements politiques conjoncturels.
Tout en réaffirmant son attachement au pluralisme démocratique et son respect envers l’ensemble des partis politiques participant à la vie nationale, Jean Dider Deslorges souligne que le pluralisme ne signifie pas l’effacement des différences idéologiques. Selon lui, la démocratie exige au contraire que chaque formation politique demeure fidèle à ses principes afin que les citoyens puissent clairement identifier les projets qui leur sont proposés.

Le Coordonnateur départemental estime que la participation de l’OPL à la mise en place des Commissions Municipales Intérimaires dans le Sud-Est risque d’être perçue par une partie de la population comme une rupture avec les valeurs historiques du parti. Une telle perception pourrait, selon lui, fragiliser davantage la confiance des militants, des sympathisants et des citoyens qui ont longtemps vu dans l’OPL une organisation attachée à la cohérence idéologique et au respect des principes démocratiques.
Jean Dider Deslorges va jusqu’à qualifier cette orientation de « sacrilège politique ». Il considère qu’au lieu de renforcer l’OPL, cette stratégie risque d’alimenter la confusion au sein de l’opinion publique et de profiter principalement aux adversaires politiques du parti. Dans un contexte marqué par une crise de confiance généralisée envers les institutions et les organisations politiques, il estime que toute décision susceptible de brouiller l’identité d’un parti peut avoir des conséquences importantes sur sa crédibilité.

Pour le Coordonnateur départemental, cette situation devrait conduire à l’ouverture d’un débat sérieux au sein de l’OPL. Il juge essentiel que le parti réfléchisse aux implications politiques et idéologiques de ses choix actuels afin de préserver la cohérence entre son histoire, son discours et son action. Selon lui, la force d’une organisation politique ne réside pas uniquement dans sa capacité à accéder à des espaces de pouvoir, mais également dans sa fidélité aux principes qui fondent sa légitimité auprès de la population.