L’agronome Webert Fils, membre fondateur de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) et ancien dirigeant départemental du parti dans le Sud-Est, se dit profondément consterné après avoir appris que l’OPL s’est engagée dans une dynamique de collaboration avec le regroupement formé autour du triangle politique OPL/CROSE-KONA-VERITE, dans le cadre de la mise en place de commissions intérimaires chargées d’assurer la gestion de certaines mairies au niveau départemental.


Selon lui, cette décision constitue un fait politique pour le moins surprenant et soulève de sérieuses interrogations sur la cohérence idéologique de l’organisation. Il estime que cette orientation est difficilement compatible avec l’identité historique de l’OPL, une organisation politique de centre gauche qui s’est toujours réclamée de la justice sociale, de la démocratie et du progrès.


L’agronome Webert Fils considère comme un fait insolite que l’OPL, qui a longtemps défendu une ligne politique fondée sur des principes et des valeurs démocratiques, se retrouve aujourd’hui associée au parti KONA, dirigé par le sénateur Joseph Lambert. Selon lui, cette collaboration représente un changement majeur dans la trajectoire politique du parti et constitue une rupture avec certains repères historiques de l’OPL.


Il souligne également que le sénateur Joseph Lambert est une figure politique dont le parcours fait l’objet de nombreuses critiques dans le débat public haïtien. Pour l’agronome Webert Fils, voir aujourd’hui l’OPL participer à une structure commune avec KONA et d’autres acteurs politiques constitue une situation qui aurait paru improbable auparavant.


Il attire particulièrement l’attention sur l’évolution de la position du professeur Mibsam Jeannis, actuel vice-coordonnateur départemental de l’OPL dans le Sud-Est. Selon l’agronome Webert Fils, le professeur Jeannis était autrefois très critique envers Joseph Lambert, alors qu’il affiche désormais une proximité politique avec lui. À ses yeux, ce changement de position « en dit long sur le niveau de conviction de certains dirigeants politiques à l’heure actuelle ».
L’agronome Webert Fils estime qu’un responsable politique, même dans un contexte difficile, doit rester fidèle à ses principes et à ses convictions, et ne devrait pas adapter ses positions en fonction des circonstances ou d’intérêts particuliers.


De ce fait, il juge cette situation indigne des valeurs historiques de l’OPL et demande au professeur Mibsam Jeannis, actuel vice-coordonnateur départemental du parti dans le Sud-Est, de tirer les conséquences politiques qui s’imposent et de remettre sa démission. Selon lui, un dirigeant politique doit maintenir une cohérence entre son discours, ses engagements passés et ses décisions présentes.